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Activité 2 – « Accompagner les enseignants à la pédagogie (numérique) universitaire »

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Question 1

La conférence de Denis Bédard de l’Université de Sherbrooke présente une expérience de la pédagogie numérique universitaire ainsi que les différents piliers à mettre en place pour réussir cette expérience.

Le fil conducteur mis en place est la pédagogie active où on assiste de plus en plus à un changement de paradigme. Le professeur n’est plus au centre de l’activité mais devient un accompagnant de l’étudiant pour lequel la finalité est d’apprendre. Le but de l’utilisation du numérique est d’être un support à cette pédagogie.

Lors de la conférence, l’orateur a cité plusieurs méthodes reconnues de pédagogie actives qui placent l’étudiant au cœur de l’action. Le but était de conserver l’apport de ces pédagogies tout en passant en partie dans le numérique sans perdre la qualité obtenue précédemment. Au final, la partie en présentiel a été impactée également par la partie donnée en numérique, elle a dû être repensée.

Dans ce contexte, l’orateur se place dans l’innovation pédagogique qui diffère de ce qui est habituellement exposé, à savoir les cours ex cathedra synonyme de transmission. Cette innovation repose sur la formation, la recherche et le développement.

Un des concepts importants exprimés dans l’exposé est pour moi le concept de besoin. Est-ce que les changements de pédagogie correspondent à un besoin? Est-ce que cela change quelque chose dans la qualité des apprentissages des étudiants? L’orateur illustre ses propos par l’évolution de la technologie dans les cours, qui est passée de l’utilisation des transparents vers le ppt. Au final, la pédagogie n’a pas changé, juste le support. Cela ne motive pas plus les étudiants d’avoir un diaporama en ppt que des transparents passés à la main.

On parle de plus en plus de technologie, de numérique et du besoin de familiariser les étudiants à ces technologies, de faire des cours en ligne, de recourir à des outils divers et variés, etc. La Haute Ecole dans laquelle j’enseigne propose, entre autres, à ses enseignants des formations pour l’utilisation de la plateforme elearning. Néanmoins, la dame responsable des formations mettait en garde du besoin d’utilité de ces technologies et d’avoir pensé son cours avant de se lancer. La technologie n’est pas la solution ultime pour rendre un cours intéressant. En effet, ce propos est illustré par la vidéo TICE – Motivation – Pour en finir avec la technologie sur le blog de Jean-Loup Castaigne (TICE | MOTIVATION | Pour en finir avec la technologie).La vidéo illustre le fait que la technologie ne change pas la pratique pédagogique de l’enseignant et ne rehausse pas l’intérêt de l’étudiant pour la matière. Il n’y a donc pas d’effet magique à l’utilisation de la technologie. Cela peut même être pire en mettant en exergue l’inintérêt de l’activité. La technologie est en effet un moyen d’apprentissage, mais ne va pas rendre pertinent ou utile l’objet étudié. Cette vidéo met également le curriculum unique de chaque étudiant, ce qui peut poser problème vu que tous les sujets sont intéressants mais pas pour tout le monde. Amaury Daele, dans son article « Différencier pour enseigner à tou-te-s les étudiant-e-s »  présente également le besoin de différentiation des enseignements en fonction des étudiants qui sont en face de soi. Cela engendre une diversification des méthodes d’enseignements pour répondre au différences de niveaux, d’intérêt ou encore d’évaluation des étudiants à la fin. Le but est de leur fournir également des moyens d’auto-apprentissage et pour ce faire, la technologie peut aider. Il faut être conscient que le monde de l’enseignement a changé, surtout en ce qui concerne l’accès au savoir. Internet a modifié les fonctions cognitives des étudiants comme en attestent l’article de Christophe Jeunesse. Les moteurs de recherche permettent aux étudiants d’avoir le savoir « à portée de doigts » tandis que les réseaux relient les apprenants, favorisent les échanges, la construction du savoir et savoir-faire et peuvent engendrer un conflit cognitif pouvant favoriser les apprentissages. La dérive peut également être là. Comme « tout » se trouve, il faut être certain que la qualité des données est suffisante. Cela rend le travail du professeur « plus compliqué », le mettant dans des situations plus floues, surtout lorsqu’une pédagogie active est appliquée, comme lors de systèmes de classes inversées. Ces classes inversées sont évidemment un moyen d’appliquer une pédagogie active, où le principe par lequel « pour enseigner, il faut apprendre » est mis en évidence comme illustré dans la vidéo de Jean-Charles Cailliez. Cette pédagogie peut également être qualifiée de « remise à l’endroit de l’école » comme l’indique Monsieur Lebrun dans son article « Classes inversées ? Et si c’était remettre « l’école » à l’endroit !« . La classe inversée n’étant pas le propos de cet article, je ne détaillerai pas plus loin, bien que cette partique m’intéresse particulièrement, la pratiquant dans un de mes cours.

Au final, cette activité m’a montré des méthodes pédagogiques que je ne connaissais pas, des accès à des ressources intéressantes et aussi m’a permis de faire le plein d’idées pour mes cours. Néanmoins, cela met également en évidence l’inertie du système, avec la peur de l’inconnu et surtout l’ouverture vers le nouveau rôle que l’enseignant aura au fil des ans. De plus, cela met également en évidence, que technologie ou non technologie, cela reste un moyen d’apprentissage qui peut être pertinent ou non en fonction de la pédagogie appliquée. Faire la même activité que précédemment mais en utilisant un ordinateur ne va pas augmenter son intérêt.

Question 2

Que vous inspire le courant SoTL ?

Avant la lecture des articles et cette activité, le courant SoTL m’était complétement inconnu. Désormais, j’arrive à mieux cerner cette activité qui, selon ce que j’ai compris, vise à un enseignement excellent mais pas que. Cette démarche se place dans une volonté d’obtenir un enseignement excellent dans le but d’obtenir un excellent apprentissage par les étudiants. Cela est donc diriger vers les étudiants. Un excellent enseignement se pose déjà des questions sur ses pratiques, conserve ce qui va bien et enlève ce qui ne va pas mais il se base uniquement sur son expérience personnelle et ses réflexions propres. Dans l’article de Carolin Kreber, il s’agit du premier stade avant le stade d’expert. En utilisant le modèle de Trigwell, le processus d’un expert est également dirigé vers l’apprentissage, mais les sources d’informations pour évaluer sa pratique et l’adapter se basent sur son vécu ET sur de la littérature appropriée. Il y a donc un savoir plus grand sur le pourquoi de la réussite ou de l’échec des activités proposées. Quand ce processus est réalisé seul (monitoré et évalué), il est question de régulation autonome (self-regulation). La différence que je retiens entre l’expert et la personne impliquée dans une démarche de SoTL est principalement la communication réalisée. Dans ce dernier cadre, cette démarche s’applique dans la même veine que la démarche de la recherche, à savoir avec comme but la publication reviewée par les pairs. Ce courant va plus loin qu’une simple réflexion sur ses pratiques, il intègre du contenu supplémentaire à la fois dans sa discipline propre afin d’augmenter son expertise, ce qui permet d’aider au mieux les étudiants mais également du savoir concernant l’enseignement et l’apprentissage. Il s’agit donc de connaître le savoir à transmettre mais surtout de savoir comment le transmettre et comment il est transmis. La communication du savoir acquis, des informations théoriques utilisées dans le but de résoudre un problème précis devient également importante. A la base, il s’agissait réellement de publier mais à l’heure actuelle les publications par le biais d’internet, d’activités en faculté ou de présentations publiques sont également considérées comme faisant partie du SoTL.

Le courant SoTL permet donc au praticien d’augmenter son niveau de connaissances sur l’enseigement et l’apprentissage ainsi que son niveau de réflexion par rapport à sa pratique. Le but est alors de communiquer au sujet de la pratique mais également de concevoir de manière innovant l’enseignement et l’apprentissage qui sera effectué dans ses cours. Le but final étant à la fin de savoir si l’enseignement modifié a répondu à un besoin et a permis d’améliorer la qualité d’apprentissage des étudiants.

Que trouvez-vous particulièrement intéressant par rapport à ce courant ?

Ce courant montre, à mon sens, les différentes évolutions possibles dans la carrière d’un enseignant. Au départ, ce qui est mon cas, je cherche à faire passer du contenu que je maîtrise à des étudiants par la variété des pratiques d’apprentissage et je tente de retenir ce qui fonctionne de ce qui ne fonctionne pas pour améliorer le cours de l’année suivante. Il est vrai que je me pose des questions et que je réfléchis à mes pratiques mais plutôt seule de mon côté. Cette démarche montre déjà qu’il existe des ressources nombreuses et pas forcément connues par les professeurs d’un domaine hors éducation qui permettent, en plus de répondre à un problème spécifique, de savoir pourquoi et comment cela peut être amélioré. Il s’agit d’aller une étape plus loin, à savoir de questionner ses pratiques non pas uniquement sur leur contenu mais également sur la théorie qui les sous-tend. Cela montre aussi que l’on passe ou peut passer en fonction de sa motivation par les différents stades de praticien vers le praticien réflexif et enfin le chercheur. Cette dernière étape n’est pas possible ni même souhaitable pour tous les parcours. Par contre, une fois que l’on s’est renseigné sur les méthodes, que l’on a appliqué le savoir appris sur l’enseignement dans nos contenus spécifiques, et sur base des résultats obtenus, pourquoi ne pas prendre le temps de le publier afin de faire part de nos remarques, questionnements ou trouvailles possibles dans le domaine.

Ce courant permet également à mon sens une revalorisation de l’enseignement et du métier de professeur. J’ai travaillé pendant plusieurs années à l’Université et force est des constater que les professeurs voulant innover dans leurs pratiques pédagogiques ne sont pas toujours récompenser pour leurs efforts, le focus étant mis spécialement sur la recherche. Cela tend à être modifié au fil du temps, l’enseignement reprenant une place dans l’évaluation mais la motivation est néanmoins plus faible et les critères plus difficiles que pour la recherche.

Quels sont les aspects du SoTL qui vous paraissent concrétisables dans votre contexte personnel ?

À l’heure actuelle, j’avoue que ce courant me parait très intéressant mais peu applicable pour moi de manière approfondie. En effet, je me sens plutôt en mode « fire fighting », à flux tendu pour être prête dans mes cours, suivre avec les corrections et je n’ai pas de temps pour me pencher sur les retours et réfléchir à l’amélioration de mes pratiques. Par contre, cette lecture et l’approfondissement du concept me donne des pistes pour « quand j’aurai le temps » ou plutôt « quand je prendrai le temps » au second quadrimestre. Je trouve le fait de se pencher de manière distanciée sur sa pratique à tête reposée permet de se remémorer les activités avec un autre point de vue. A ce titre, j’aimerais appliquer le SoTL en conservant ce qui va bien et éliminer ce qui ne va pas mais également en appuyant ma réflexion sur base de modèles. Le modèle évoqué dans le cadre du portefolio TARGET m’a déjà montré un autre aspect de l’activité réalisée et comment avoir une grille de lecture pour en retirer des informations qui ne me seraient pas venues en y réfléchissant seule. J’avais déjà, dans le cadre de recherche sur le contenu, consulté des journaux pédagogiques mettant en évidence des expériences ou résultats ainsi que des pédagogies alternatives pour enseigner la chimie à des ingénieurs. Néanmoins, je ne me suis jamais focalisée sur la théorie qu’il y a derrière. Je suis convaincue que cela apporte un plus mais comme pour tout apprentissage ou recherche, demande du temps, chose précieuse dont je ne dispose qu’en très faible quantité en ce moment. Je suis convaincue qu’un jeune prof dans l’enseignement peut et doit tenter d’améliorer ses pratiques mais ne le peut pas toujours aussi profondément qu’il voudrait de par le contexte auquel il est confronté. Pour ma part, c’était la première fois cette année que je donnais un cours dont les modalités avaient été fixées à l’avance. J’ai tenté d’y ajouter certaines consignes pour me sentir plus à l’aise, une activité récapitulative et recensé l’avis des étudiants quant à ce cours. J’espère rassembler lors du second quadrimestre suffisamment d’information et me pencher plus en profondeur sur le pourquoi du comment et pas uniquement sur ce qui s’est passé. Par contre l’étape de publication et communication me paraît bien lointaine de mes préoccupations actuelles. J’espère un jour arriver à l’excellent enseignent, voire à passer à l’expert mais sans atteindre le dernier stade de SoTL.

 

 

 

 

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2 commentaires

  1. francoise9 dit :

    Bonjour Sandra,
    Merci pour ces réflexions en lien avec la conférence de Bédard, la recherche de ressources complémentaires via les 3 blogs proposés et le développement professionnel des enseignants par le biais du Scholarship of Teaching and Learning.
    En ce qui concerne la 1ère partie de vos réflexions, j’étais un peu surprise que vous mettiez l’accent principalement sur les méthodes actives sans considérer le contexte dont parle Denis Bédard, à savoir la formation pédagogique d’enseignants du supérieur. Vos arguments concernant la plus-value douteuse des technologies au service de l’enseignement-apprentissage sont tout à fait compréhensibles lorsque, comme vous le soulignez, on ne tient pas compte du contexte, des objectifs et des activités d’apprentissage. Mais, justement, Bédard argumente en faisant explicitement référence à un cadre de formation spécifique, à des objectifs associés à ce cadre. Ma 1ère impression était donc que vous « forciez » un peu les choses dans le sens de vos propres convictions. Les ressources sélectionnées sur les blogs semblent également pointer dans cette direction, en tout cas la 1ère ressource. Ensuite, vous nuancez davantage vos propos pour reconnaitre qu’il n’y a probablement pas que du « blanc et du noir » par rapport à l’intégration des technologies dans les pratiques d’enseignement mais que cela dépend également d’autres facteurs à considérer en lien avec l’utilisation de ces technologies.
    La 2ème partie de vos réflexions sur le SoTL semblent traduire une certaine curiosité par rapport à cette approche de la profession d’enseignant. En gros, le SoTL – comme vous l’avez vous-même expliqué – invite les enseignants à prendre leur enseignement comme objet de recherche et à communiquer vers les pairs par rapport à cela. Ce qu’il faut également ajouter, c’est que le SoTL est orienté vers l’amélioration des pratiques d’enseignement mais cette amélioration doit être « informée », pas seulement pas des intuitions ou des observations fortuites, mais également par des prises d’information auprès des étudiants. Autrement dit, la recherche portant sur la qualité des pratiques d’enseignement doit également être instrumentée et objectivée, au même titre que des recherches effectuées dans d’autres disciplines. Les références à des approches pédagogiques validées par la littérature en pédagogie font également partie intégrante du SoTL. Voilà quelques petites précisions que je souhaitais vous communiquer.
    Françoise

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  2. sbelboom dit :

    Bonjour Françoise,
    Merci pour ce commentaire. Je me suis peut-être mal exprimée lors de la réponse à la première question. Il est un fait que l’orateur lors de la conférence explicite un cas auquel il a réfléchi, qui a pris du temps à mettre en place et pour lequel l’utilisation de la technologie apporte une réelle plus-value dans l’apprentissage des étudiants. L’utilisation de la technologie va pour moi, et ce que j’ai compris lors de cette activité, avec une remise en question des pratiques pédagogiques, une formation des enseignants, aussi bien dans leur domaine que dans le domaine de l’enseignement et cela en fonction de l’objectif poursuivi. La réussite de ce changement dépend donc très certainement d’une réflexion profonde des pratiques d’enseignement. C’est principalement ce sentiment que je voulais partager et non la volonté d’une inertie basée sur le « c’était mieux avant ». A mon sens, c’est un superbe outil mais qui doit être utilisé à des fins pédagogiques pertinentes et non juste pour l’outil.
    Je vous remercie pour les précisions sur le SoTL qui a été démystifié lors de cette activité. A appliquer un jour, j’espère…
    Sandra

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